Comment Mantan récupère les prix officiels de 89 pays et territoires
Chaque prix affiché sur Mantan vient d'une source publique : l'État qui publie les prix des stations, l'État qui fixe lui-même le prix, ou vous, quand vous photographiez un panneau. Au 1er novembre 2026, cela fait 89 pays et territoires avec des prix, et 173 où la carte montre au moins les stations.
Voici comment chaque famille de source arrive sur la carte, avec trois histoires vraies de la semaine dernière.
Les pays qui publient tout, station par station
En France, la loi oblige chaque station à déclarer ses prix. Le ministère de l'Économie les publie en open data sur prix-carburants.gouv.fr. Mantan télécharge ce flux toutes les 10 minutes : près de 10 000 stations, chacune avec l'heure de son dernier changement de prix.
L'Espagne publie la même chose en JSON chaque heure, Baléares et Canaries comprises (11 198 stations avec un prix du gazole ce matin). Le Portugal, le Royaume-Uni, la Slovénie, le Danemark, l'Islande, le Mexique, le Chili, le Pérou, le Québec, l'Australie-Occidentale et la Nouvelle-Galles-du-Sud ont aussi leurs flux ou leurs API officielles.
Ces flux tombent parfois. Le 21 octobre, tout prix-carburants.gouv.fr répondait par une erreur 502. Le fichier quotidien, qui donne les prix de la veille, répondait encore : Mantan le garde en secours, et la carte française est restée remplie.
L'Italie a posé un autre problème. Depuis le 17 octobre, le site du ministère italien n'est plus joignable hors d'Italie. Le serveur qui alimente l'application officielle « Osservaprezzi carburanti », lui, répond toujours : Mantan l'interroge région par région, 20 appels pour tout le pays, et retrouve environ 21 600 stations avec l'heure de chaque déclaration.
Les prix plafonds : un maximum, le même partout
En Belgique, au Luxembourg, en Pologne, en Tchéquie ou en Uruguay, l'État publie un prix maximum. Les stations peuvent vendre moins cher, jamais plus. Mantan pose ce plafond sur chaque station du pays et l'écrit en clair dans la fiche : « Prix maximum fixé par l'État ; une station peut vendre moins cher ».
En Tchéquie, le ministère des Finances publie ce plafond chaque jour dans un bulletin en PDF. Mantan lit le PDF, et retire le prix de la carte si aucun bulletin n'est en vigueur depuis 3 jours.
Les prix fixés par l'État : 58 pays recopiés à la source
Dans une grande partie de l'Afrique, du Moyen-Orient et des îles, le prix est le même dans toutes les stations parce que l'État le décide. Mantan suit 58 de ces pays. Pour chacun, il lit la décision officielle : un communiqué, un arrêté, un PDF mensuel, une dépêche d'agence.
Quand aucune lecture automatique n'est possible, le prix est saisi à la main avec la date de la décision et l'adresse du texte. L'Irak en est un exemple : les sites du ministère du Pétrole passent par un CAPTCHA, alors les prix (850 dinars le litre de Premium 95, 1 250 dinars le Super 98) sont recopiés depuis la décision du Conseil des ministres et revérifiés tous les 3 mois. Passé 6 mois sans vérification, une alerte demande de relire la source.
Les sources changent de forme sans prévenir. En Zambie, le communiqué de novembre, mis en ligne le 31 octobre, est un scan sans texte. Mantan lit à la place la structure mensuelle du prix à la pompe, un PDF texte publié par le même régulateur : 34,45 kwachas le litre de gazole dès le 1er novembre, le chiffre du communiqué scanné.
Le Cambodge : des chiffres khmers lus deux fois
Le ministère du Commerce cambodgien fixe le prix de l'essence et du gazole tous les 10 jours. L'avis n'existe qu'en image, postée sur sa chaîne Telegram publique, avec les prix en chiffres khmers. Sur une image de 571 pixels de large, un chiffre fait 6 pixels de haut, et ៥ (5), ៩ (9) et ៨ (8) s'y ressemblent beaucoup.
Mantan agrandit l'image, puis la fait lire deux fois par un logiciel de lecture d'image. Les deux lectures doivent donner exactement les mêmes chiffres. Ensuite, le prix est recoupé trois fois, car l'avis l'écrit trois fois :
- dans la phrase de l'avis, en riels ;
- dans le tableau, en riels ;
- dans le tableau, en dollars, à multiplier par le taux officiel imprimé en bas (4 072 riels pour 1 dollar).
Le prix en dollars converti doit tomber à 75 riels près du prix en riels. Un seul chiffre mal lu dans l'un des trois nombres, et l'avis est écarté. Le dernier prix validé reste alors affiché, avec sa date. Résultat pour la période du 21 octobre au 1er novembre : 5 050 riels le litre d'essence 92 et 5 550 riels le gazole, posés sur environ 1 650 stations.
La même méthode lit les affiches du Honduras et du Panama, celles de la Palestine et le tableau dessiné du préfet de Mayotte.
Les stations : OpenStreetMap, et un plan B
Un prix fixé par l'État ne dit pas où sont les stations. Mantan les prend dans OpenStreetMap, la carte libre tenue par des bénévoles, et relit chaque pays toutes les semaines par le service Overpass.
Le 31 octobre, Overpass est tombé : le serveur principal refusait les connexions, un miroir répondait par une erreur, un autre servait une copie de juin. Les pays branchés ce jour-là, dont le Cambodge et le Nicaragua, n'avaient aucune station.
Mantan sait maintenant passer par un autre chemin : les extraits de Geofabrik, une copie complète d'OpenStreetMap découpée par pays. Essai réel sur le Nicaragua : un fichier de 62 Mo, 287 stations, dont 87 dans le cercle de Managua. Ce sont les mêmes stations, aux mêmes positions, que celles qu'Overpass a rendues à son retour vers 19 h.
Vous : la photo du panneau
Dans les pays où rien n'est publié, la carte montre les stations en gris avec ce message : « Prix non publiés dans ce pays. Si vous passez devant, une photo du panneau les rendra visibles pour tout le monde. » La photo est lue, chaque prix plausible apparaît comme « non vérifié », et il s'efface tout seul dès que la source officielle publie plus récent. La photo du panneau est gardée quelques jours pour la modération.
Le ticket de caisse suit une règle plus stricte : il porte souvent la fin de votre numéro de carte. Mantan le lit pour remplir votre carnet de pleins, puis l'efface aussitôt, sans jamais le conserver.
Ce que vous voyez dans la fiche
Chaque fiche station dit quel genre de prix elle affiche et de quand il date : prix déclaré par la station, prix maximum officiel, prix fixé par l'État, ou relevé d'un utilisateur non vérifié. Chaque source est créditée sur le site, avec l'organisme qui la publie.
Curieux de savoir d'où vient le prix de votre station ? Ouvrez mantan.app et touchez-la : le type de prix et sa date sont dans la fiche.